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Explorer l’illusion et la réalité du dispositif qui la crée, envisager une action sous plusieurs angles, penser à rebours l’envers des choses, expérimenter la perception et l’interactivité, la mécanique filmique et la réflexion du miroir, à l’instar d’une tentative phénoménologique de l’esprit, les œuvres de Pascal Leroux repensent en les modélisant diverses expériences de la conscience face aux images. Ses films et installations, selon une mécanique délibérément sommaire et empirique questionnent les processus de projections et de réception des images, leur origine même. Reprendre depuis le début avec Méliès, Marey, Keaton en précurseurs fascinés de la magie de l’image, jouer à l’apprenti sorcier low-tech assumé du trucage et du trompe l’œil, s’en référer au spécialiste des explosions mises en scène qu’est Roman Signer et aux maîtres du recyclage et du détournement comme Richard Baquié pour aussi chercher dans les phénomènes les questions de temporalité et d’occupation des espaces. Avec humour et sens du dérisoire, il capte les accidents, les provoque, les dissous dans la projection, en distord la dimension sonore, en donnant à voir le dispositif d’une installation qui convoque en elle-même l’idée de processus, d’assemblage, de montage en cours. Son travail inspire celui du collectif La Valise dont il est un des fondateurs très actif et inversement, il évoque quelques «glissements  heureux» entre un de ses derniers films Stars où il génère à l’aide des reflets du soleil sur une glace de poche des éclats de lumière au bord de la Loire et le bateau customisé de miroirs que le collectif vient de concevoir pour l’Estuaire.

Mai Tran, mai 2007, pour la revue 303, hors série «Né à Nantes comme tout le monde».